Une fois n’est pas coutume, je vous propose de découvrir un film ou plutôt un documentaire que j’ai vu il y a quelques jours au cinéma du Parc à Montréal. J’avais repéré ce film car il remplissait selon moi toutes les caractéristiques de ce que j’aime: un documentaire, le Japon, un récit de vie, de la cuisine, et qui plus est: des sushis. Je n’ai pas été déçue.
« Jiro dreams of sushi » dresse le portrait d’un cuisinier japonais, Jiro Ono, qui se considère plutôt comme un artisan. Ce vieux bonhomme de 85 ans possède un minuscule restaurant à Tokyo, le premier restaurant de sushis à avoir reçu trois étoiles au Michelin. Les plus grands chefs tels que Robuchon n’hésitent pas à proclamer les sushis de Jiro les meilleurs au monde. Le « Sukiyabashi Jiro » est pourtant un établissement sans prétention comptant seulement 10 places (toutes au comptoir).
Ce qui fait la richesse de ce documentaire, c’est le portrait à la fois tendre et réaliste qu’il dresse de cet artisan ultra-perfectionniste et workaholic, à travers la relation qu’il entretient avec ses deux fils. Yoshikazu, l’aîné, est destiné à être le successeur de son père. Formé sans relâche par ce dernier, il sait pourtant qu’égaler le maître risque d’être une tâche ardue. On découvre comment Jiro forme ses apprentis, leur faisant recommencer sans cesse les omelettes ou masser le poulpe 40 à 50 minutes pour qu’il soit suffisamment tendre. On suit également Yoshikazu, à vélo, au marché aux poissons où ses fournisseurs lui choisissent LE meilleur thon. On découvre aussi l’importance du riz et de sa cuisson ultra précise nécessitant une énorme pression sur le couvercle, ce qui a amené Jiro à bricoler sa propre marmite à riz. Enfin, vu la personnalité de Jiro, on est à peine surpris qu’à 85 ans, ce chef extraordinaire, continue sa petite routine chaque matin en allant travailler en train pour exercer son métier d’artisan. Chaque jour dit-il, il essaie d’améliorer ses sushis.
Je suis ressortie de ce film fascinée par « l’art du sushi »…l’art de traiter les meilleurs produits avec respect, passion et tradition. Il est intéressant de découvrir comment, derrière une petite boule de riz et un morceau de poisson, il peut y avoir tant de travail et de savoir faire pour produire une merveille gustative. La cuisine de Jiro parait sans chichi, comme son restaurant qui est à mille lieues d’un restaurant haut de gamme standard. Ici, votre repas durera tout au plus 30 minutes, vous serez surement intimidés par le chef qui est ultra concentré au comptoir et risque de ne pas sourire mais la qualité des sushis à elle seule gagne ces trois étoiles.
Si vous en avez l’occasion, je vous conseille donc vivement de visionner ce documentaire qui vous ravira et vous donnera la furieuse envie de manger des sushis ou, qui sait, d’en faire vous-mêmes. Comme moi, peut-être, vous passerez votre temps durant le film à essayer de saisir le « coup de main » pour « mouler » le sushi dans le creux de la main…



















